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Tribune de Genève, 22 août 2007
Le Lausannois Blaise Hofmann a publié ce texte sublime au printemps.

La rentrée littéraire ne doit pas tout balayer. Malgré l'avalanche de nouveautés, certains romans du printemps continuent leur chemin. Parmi ceux-ci, il en est un qui mérite une particulière attention, Estive, du Lausannois Blaise Hofmann.

Langue épurée
Objectivement, il s'agit de l'un des plus beaux textes parus cette année. D'une langue épurée, l'auteur y narre la transhumance d'un moutonnier. Un voyage, une expérience littéraire, un parcours initiatique, un jusqu'au-boutisme assumé, et une force immanente, celle de l'écriture. Et pas n'importe quelle écriture.
Si le renouvellement paraît de plus en plus improbable en littérature, Blaise Hofmann y parvient, pourtant. On aimerait retenir chacune de ses phrases, chacun de ses paragraphes, si patiemment ciselés, du moins le suppose-t-on.

Estive - le terme désigne un pâturage d'altitude où se trouvent de grandes prairies naturelles permanentes utilisées par les bergers lors des transhumances - ne raconte rien, à proprement parler, et sa structure tient à la fois du carnet de route, du journal intime, des notes jetées çà et là.

Nombreuses parenthèses
La poésie de la langue va ici de pair avec une judicieuse utilisation de la syntaxe. Il y a par exemple de nombreuses parenthèses (), qui surgissent abruptement, au cœur du texte. Leur fonction? Probablement nous désorienter, nous jeter en dehors du chemin, nous placer à notre tour dans un état de transhumance. Totalement réussi.
On ne quitte pas le livre de la première à sa dernière page. L'un des chocs de l'année.

Pascal Gavillet



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