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L'Hebdo, 21 juillet 2005 |
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De Morges à Khartoum En quête perpétuelle de lui-même, Blaise Hofmann écrit mais ne fait pas que ça. Il voyage aussi, beaucoup. En Afghanistan juste après la guerre, en Ethiopie, en Chine et ailleurs. Le périple devient récit poétique. Billet aller simple en est à son quatrième tirage. Publié à compte d'auteur, le livre fait son chemin et séduit. Décembre 2001, fraîchement licencié ès Lettres, le jeune homme décide de partir, il ignore où et combien de temps. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il ne prendra pas l'avion, et qu'il ira jusqu'à Vladivostok en Transsibérien. "Eviter les aéroports, c'est aussi éviter le traumatisme de l'arrivée, un choc à la fois thermique et psychologique." Blaise Hofmann voyage lentement de frontières en frontières, de régions en régions, pour approcher le monde plus globalement. Il ne sait pas exactement pourquoi il est parti, mais il ne s'agissait pas d'une fuite: il aime la région de Morges, où il est né il y a 27 ans. Il s'agit plutôt de se sentir "habitant de la planète". Pendant ce voyage de seize mois, Blaise Hofmann sent la nécessité d'une charte pour les touristes. "Des décennies de gestes irresponsables comme donner des cadeaux excessifs à ses hôtes et claquer son argent ostensiblement faussent la relation avec les indigènes, bien plus que la langue." Le routard a une responsabilité, il est l'ambassadeur de notre culture. Blaise Hofmann conçoit que voyager et s'ouvrir est un droit, mais il faut aussi respecter ses devoirs. Qu'a-t-il appris de ses pérégrinations? Que la vie est belle, à travers des moments intenses, incompatibles avec la vie sédentaire. Après l'aventure géographique, Blaise Hofmann connaît l'aventure de l'écriture. Sur place, il prenait des notes. "Les photos me frustrent. Je n'arrive jamais à montrer ce que j'ai vécu avec." De retour, il se met à écrire, d'abord sous la forme d'une lettre, puis il préfère le récit. Il souhaite que le lecteur puisse s'approprier son texte. "Mon livre contient des ambiguïtés et j'attends du lecteur une participation active." Chaque chapitre raconte un nouveau lieu. Premier récit, la Mongolie, où Blaise Hofmann dort de yourte en yourte. Puis au Tibet, une description de l'abattage de chiens et de porcs. En Afghanistan, la rencontre avec un jeune médecin. L'ensemble truffé de slogans, de publicités et autres textes rencontrés sur le chemin, dans un style mouvant et protéiforme. Souvent poétique, parfois provocateur, comme l'a souhaité son auteur. Laurence de Coulon |
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