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24 Heures, 15 septembre 2004
Un aller simple pour le monde
La gare de Morges, un billet de train simple course et le monde qui s'ouvre devant soi. Durant seize mois, de décembre 2001 à avril 2003, Blaise Hofmann s'est lancé à l'aventure dans l'espoir d'intenses rencontres. " J'avais deux objectifs, celui de ne jamais prendre l'avion et d'atteindre la Russie, puisque j'avais appris la langue. " La liste des villes traversées est interminable, avec Vladivostok comme passage obligé. " J'ai fréquenté les gares et les dortoirs, mais aussi les maisons de gens croisés en chemin, car les Russes ont un remarquable sens de l'hospitalité. "

Malgré l'accueil, l'appel d'autres contrées est cependant plus fort, poussant l'étudiant poète à aller plus loin, " jusqu'au bout ", dit-il, à pied, en train ou en bateau. Il passe notamment par la Chine, puis par des endroits qui ont fait la une de l'actualité juste après son passage. " L'Afghanistan, le Darfour, des lieux où je ne me suis jamais senti en danger, alors que tout s'est embrasé très vite, sans qu'on puisse l'imaginer vraiment quelques semaines plus tôt. J'ai par exemple pris des routes qui sont aujourd'hui fermées."

Homme de plume, Blaise Hofmann a noirci plusieurs carnets de notes, au sortir d'une rencontre, dans l'ambiance d'une rue ou d'un marché. Des sentiments très forts, qu'il a décidé de partager par le biais de Billet aller simple, un livre qui vient de sortir de presse. " Ce n'est pas un journal de bord ou la description de paysages, mais le récit d'une expérience à travers des vies humaines, celles que j'ai rencontrées. "

Alors que la réalité a bien changé en quelques mois à Kaboul ou à Khartoum, ce regard mérite bien un petit arrêt pour mieux comprendre le destin des populations. " C'est une façon d'informer sans filtres, hors des canaux officiels, et cela peut apporter un éclairage différent. " Arrivé au terme du parcours, qui sera également marqué par la sortie d'un recueil de poèmes, Blaise Hofmann songe à prendre un autre aller simple depuis la gare de Morges. Après avoir pu mesurer de ses propres yeux la tâche des organisations humanitaires, il sent que sa place est auprès d'elles.

Cédric Jotterand

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